mercredi 8 septembre 2010

Méli mélo....

Pendant ce temps...la vie va...à Phnom Penh...

le long du fleuve, les gamins ramassent encore les canettes vides pour se faire quelques riels...

et se baignent toujours dans son eau boueuse, qui sert de salle de bains, WC, eau courante, machine à laver le linge, lave vaisselle, garde manger,on y pêche le poisson et on y cueille les liserons d'eau...

même à 4 sur la motobike on garde le sourire

les petites filles jouent aussi à " faire la dame" avec les chaussures de maman

malgré les conditions très sommaires de fabrication

le quartier des fabricants de meubles fait des merveilles



non cette marchande ne participe pas au concours de la plus grosse omelette....


...du marché "cracra" qui est définitivement et réellement cracra. Situé à 2 pas du Palais Royal, on n'y croise pourtant aucun touriste..

Samba, l'éléphant du Wat Phnom se promène comme chaque fin d'après midi le long du quai du Tonlé Sap. Rescapé de la période kmer rouge, pendant laquelle il fut martyrisé, c'est tout un symbole ici à Phnom Penh




Le motobike qui me raccompagne en fin de journée, en réalité un pêcheur qui vit en face l'orphelinat, heureux de se faire quelques dollars. Vous ne verrez pas la motobike pour ne pas prendre peur..Si les casques sont obligatoires pour les conducteurs ils ne le sont pas pour les passagers. Mais la prudence m'a fait investir dans un casque (Hé non pas de photos non plus!) certes un peu grand, certes made in Thaïlande mais quand même...

Titte va beaucoup mieux, son papa est venu depuis 4 jours les matins à 10h, il reste assis aux portes de l'orphelinat ( nous préférons éviter les questions du directeur...) pendant que Titte s'éclate sous les bassines d'eau. Elle sourit, ses plaies à la tête sont en régression, le traitement local bétadine rouge et jaune, vaseline, plus antibiotique et anti histamique ont, en 3 jours, accompli un quasi miracle. Je donne le traitement de la journée à son père à qui les grands ont traduit toutes les consignes. Et elle ne repart jamais sans que je l'accompagne faire un tour à la gargotte d'en face.


( oui oui c'est bien le tee shirt des shells de l'enfer ! et il n'en est pas peu fier!)

et le monde n'étant en fait pas si grand que ça, les stagiaires infirmières de l'orphelinat d'a coté sont de ....Valence !!!

((((Lys, Isabelle et Leslie)

Ps: Nous n'avons pas retrouvé Apring, malgré les rondes d'Anne Marie, la reine de la bicyclette, et les passages en moto dop.

mardi 7 septembre 2010

Chouchou !

Hé oui avec tout ça je vous ai laissé en plan et chacun se demande impatiemment :
Mais comment va little bouddha Chang ?
Et bien depuis hier Chang n'a plus de température, après 2 jours d'alternance entre glace, linge frais, paracétamol, antibiotiques, anti histamique, ( prescrit par l'hopital) , biberons d'eau, la fièvre a laché prise.
Couvert de bourbouille ( si quelqu'un a une solution simple, pas cher, et efficace n'hésitez pas...), Chang reste souriant et progresse chaque jour. Il ne boit toujours que du lait et à force de persuasion la nounou a augmenté le nombres de biberons. De 4 biberons par jour, elle semble être passée à un gavage intensif.. d'un extrème à l'autre.
Chang rit, il a très vite compris que taper à pleines mains sur le cochon rose en plastique laissaient entendre un couinement interessant, cochon à qui par ailleurs il adore mordre les oreilles...
Sur les conseils de Jean Luc, le mari d'Aline, j'ai installé des coupelles remplies d'eau à chaque pied de son lit pour y noyer méchamment les vilaines fourmis qui grimpent sournoisement le long des montants en bois et le piquent.
Il faut savoir que Chang est en principe pris en charge par une association italienne qui a installé un bureau pimpant neuf dans les locaux de l'orphelinat. Plusieurs jeunes femmes viennent y faire leurs ongles et concourir pour la "patience d'or" on line...
Un brin d'agacement dans mes propos me direz vous !
La France a depuis quelques années fermé les portes de l'adoption aux enfants cambodgiens et si elle semble vouloir à nouveau l'entrouvir, il n'y a là encore aucune harmonisation européenne.
Trop d'abus, trop d'argent, des orphelins qui n'en étaient pas vraiment, des histoires glauques...la misère n'a pas de prix. Les vrais orphelins, ne sont pas si nombreux ici, les enfants sont souvent confiés aux institutions par des familles trop pauvres pour les nourrir, mais il reste malgré tout un lien familial qu'il est nécessaire d'entretenir.
Chang, lui a du subir une hospitalisation pour une intervention (dont nous ne savons toujours pas la nature) durant de longs mois.
Ses parents ont disparu, ne sont jamais venus le rechercher, sans doute sans moyens pour payer les frais médicaux et le suivi de Chang. L'hopital gratuit de Phnom Penh avait au même moment une quarantaine de bébés dont les parents ne s'étaient pas manifestés.
Ils savent que le bébé sera récupéré et au moins nourri, ce qu'ils ne sont pas en mesure de faire, par le gouvernement dans un établissement comme Kien Kleang.
Alors Chang est "adoptable", et l'Italie a des accords avec le Cambodge au contraire de la France.
Chang sera certainement un jour un petit italien, si toutefois il va bien et si ces résultats d'examens médicaux sont bons. Sinon...
En attendant les milliers de bisous dont il est inondé, eux, sont bel et bien français...

La star de Kien Kleang....






dimanche 5 septembre 2010

Le pêcheur et le gamin des rues


Trois heures du matin, le pêcheur et le gamin des rues hantent mon sommeil et je sais que je ne dormirais pas cette nuit.

"Titte" habite dans la rue qui jouxte l'orphelinat, bordée de cahutes en bois ou en toles, faites de bric et de broc, sans électricité, sans eau. Elle a 4 ans.
Elle loge avec ses parents et son frêre dans une pièce, et comme tous les hommes de cette rue, son père est pêcheur dans le Tonlé Sap. Ce fleuve qui longe les maisons de la rue, les nourrit, les lave, leur fournit l'eau pour les repas et mais surtout les infecte et les rend malade.
Il ne gagne même pas de quoi acheter le kilo de riz par jour nécessaire pour nourrir sa famille.
Hier matin, Aline trouve Titte au bord du fleuve et me l'amène à l'infirmerie. Les cheveux rasés, des croutes surinfectées sur le crane, de vilaines plaies aux jambes, elle est prostrée dans un silence douloureux. D'un passage quelques jours auparavant à l'hôpital, son père nous raconte que les infirmiers lui ont rasé les cheveux, ont donné une poudre pour 2 jours à mettre sur sa tête et que maintenant il n'a plus de traitement, plus d'argent. Là bas à l'hopital on doit payer un peu, comme ça, en dessous de table pour être soigné, les infirmiers sont si pauvres aussi. Et puis il faut faire la queue dès 4 heures du matin et ils lui ont dit qu'il ne fallait pas revenir maintenant.
Titte va à l'école mais sa maitresse ne veut plus d'elle, elle doit savoir combien c'est contagieux, et puis Titte est si triste.
Je la prends par la main, la rassure, l'emmene prendre une douche ( il faut savoir qu'à l'orphelinat, la douche est en réalité un réservoir d'eau où l'on puise avec un bol pour s'asperger ensuite, et un maigre robinet), la conduit à l'infirmerie, la soigne en bétadinant largement son crane puis en appliquant de généreuses couches de vaseline.
Elle ne lache pas son papa du regard. Aline appelle une amie médecin qui prescrit anti histaminique et antibiotique que par chance nous avons à l'infirmerie. Dosage adulte qu'il faut convertir, en coupant les comprimés en 4. Un t shirt et un short propres, une paire de tongs neuve en réserve de l'association et enfin une ébauche de sourire...
Titte est revenue ce matin, un large sourire aux lèvres...Elle n'a plus peur et son papa nous dit que le traitement d'hier l'a soulagé. Nous avions préparé un sac avec des vêtements, des cahiers et des stylos, des crayons de couleur, un oreiller et... 10 kgs de riz.
Titte m'a suivi à la salle de bains puis à l'infirmerie, se laissant soigner en serrant bien fort ses crayons dans la main.
Elle reviendra aujourd'hui et les jours suivants...


première "douche" de Tite, elle qui ne se lave que dans le fleuve




et même une serviette toute douce...




Titte et son papa, enfin un sourire...

Nous avons croisé Aprign par hasard du coté du marché central en fin d'après midi, nous étions partis pour acheter un frigidaire et un filtre à eau pour l'orphelinat, ( prochain post) Aline, Jean Luc son mari et Anne Marie bénévole et vice presidente de l'association qui vit depuis 2 ans au Cambodge.
Au détour d'une rue, nous apercevons un jeune garçon mendiant sur le trottoir comme de nombreux enfants à Phnom Penh, mais ce jeune a une broche dans sa jambe et un petit sac plastique emplit de colle qu'il sniffe, les yeux hagards. Aline se fige car elle reconnait un enfant qu'elle a suivi dans le cadre de ses interventions au centre de détention pour mineurs de Chom Chau. Ce centre est fermé pour réfection depuis 6 mois et les jeunes étaient sensés être dispersés dans différents établissements.
Aprign est là, assis sur le trottoir, déjà dans un autre monde, sa jambe embrochée gonflée d'oedème. La marchande de riz où Aline achète un plat pour Aprign nous dit qu'il s'est sauvé de l'hôpital et qu'il vit là dans la rue.
Déjà handicapé d'un bras suite à un premier accident, il semble qu'il ait été victime d'un nouvel accident qu'il lui a broyé la jambe.
Nous restons totalement démunis, sinon de lui fournir un repas pour ce jour, nous passons la soirée à réfléchir sur les solutions possibles. Le Cambodge est le pays où il y a le plus d'ONG qui travaillent, mais curieusement peu agissent directement pour héberger les enfants des rues comme il peut exister en Amérique du Sud ou en Egypte par exemple.
Les services sociaux sont inexistants, l'hôpital coute cher, et jamais ici nous ne pouvons intervenir dans l'urgence.
Dès ce matin, nous essaierons de contacter le responsable du centre de détention pour savoir de quelle façon agir le mieux.
Comment se rendormir après ...




Aprign au centre de détention pour mineurs de Chom Chau




Aprign dans la rue, son sac plastique à sniffer la colle à la main, ses broches à la jambe.

Ps: plus de photos et d'infos ici: http://actionsaidescambodge.unblog.fr/

Gneup, la petite fourmi...


Elle s'appelle Gneup, elle a 35 ans elle avait déjà une vie entière derrière elle et en avait si peu devant quand l'association l'a embauché pour s'occuper à plein temps de Yolle. Yolle est une petite fille de l'orphelinat de Kho Kong qui a été hospitalisée durant 3 mois à Phnom Penh pour une grosse intervention du genou. Seulement ici, à l'hopital ne sont donnés que les soins minimum, pas d'aides soignantes, pas de repas, ce sont les familles ou les amis qui doivent assurer l'hygiène, les repas, le linge. Et quand on est orphelin... L'association a alors rencontré Gneup, et son fils de 7 ans, elle fuyait un mari violent et alcoolique, Aline lui a proposé de prendre en charge à plein temps Yolle. Elle s'est installée à l'hôpital, confiant son fils à sa propre mère et pendant ces 3 mois, a bercé, nourri, changé, lavé, aimé Yolle. Et quand Yolle est retourné à Kho Kong, comment renvoyer Gnup à cette vie de misère qu'elle avait eu le courage de quitter ?
L'association s'est engagée à la salarier, et justement l'idée d'installer une "nounou" à Kien Kleang avait déjà été évoquée, parce que seulement 3 "nounous" veillent sur les 130 jeunes, de 1 à 21 ans, elles mêmes d'anciennes orphelines. Et seule nounou Srey, dont je vous parlerais dans un prochain post est en capacité de gérer son groupe et de faire face au directeur. Donc vendredi, Gneup est arrivée avec son sac pour s'installer dans le "bureau" d'Eléphant Blanc", elle a posé ses maigres bagages, étendue sa natte sur le sol et depuis 2 jours, elle emplit de sa présence et de son sourire ce petit coin de l'orphelinat.




Elle sera très vite rejoint par son fils que nous devons aller chercher d'ici quelques jours... Nous grignotons, nous grignotons, un peu d'espace, un peu de temps, un peu de mieux être, chaque jour, comme de petites fourmis
laborieuses.

à suivre...

vendredi 3 septembre 2010

Chnay Leang


Elle s'appelle Chnay Leang, elle a 17 ans, elle vit à l'orphelinat depuis de nombreuses années après avoir été "utilisée" comme bonne à tout faire par des personnes peu scrupuleuses.
Elle parle anglais ( très bien), elle rit ( beaucoup), elle est volontaire ( terriblement), elle a des rêves plein la tête, ho ce ne sont pas des rêves de star, juste devenir infirmière.
Elle était jusqu'à il y a pas très longtemps parrainée par une association américaine qui tout à coup n'a plus donné de nouvelles, alors elle voudrait retrouver une marraine ou un parrain pour l'aider à financer une partie de sa scolarité.
Pour l'instant elle rentre en dernière année de lycée, les frais d'études sont chers, si le gouvernement fourni le minimum, les jeunes doivent bien souvent travailler pour payer le petit plus qui les fera continuer. Accès à internet et même seulement à un ordinateur, un vélo pour aller au lycée, des fournitures...
Et puis avoir un parrainage au delà de l'aspect financier, c'est pour ces jeunes une ouverture vers l'ailleurs et le possible, un échange privilégié avec quelqu'un pour qui il existe là bas à l'autre bout du monde
Je lui ai promis de vous parler d'elle, parce que c'est vraiment une belle âme, que j'aime.

Vous pouvez la parrainer à plusieurs personnes si celà vous semble trop lourd, 300 euros par an, compris l'adhésion à l'association, et pour les chanceux qui paient des impôts c'est déductible ...

PS:Je vous renvoie au site de l'association si vous voulez plus de détails
http://www.elephantblanc.org/

jeudi 2 septembre 2010

Chang, little bouddha

Arrivée lundi soir sous un déluge de pluie, qu'on avait presque oublié en Thaïlande, accueillie à l'aéroport par Khana l'amie d' Aline, la présidente de l'association chez qui je suis logée dans sa chambre d'hôte. Je retrouve Phnom Phnen, noyée sous les eaux boueuses, encombrée du trafic de fin d'après midi, pétillante de vie et de folie.
Dès le lendemain, accompagnée d'Aline, je me précipite à l'orphelinat où à peine franchi la porte, je retrouve avec émotion nounou Srey, Narong, Dima, Mida,et quelques autres...embrassades, quelques larmes dissimulées et de grands sourires chaleureux. Les enfants sont en vacances, éparpillés, abandonnés à eux mêmes.
J'aperçois Chany et Chana, me reconnaissent elles ? elles se mettent à rire quand je leur dessine à nouveau avec mes mains le papillon qui s'envole dans les airs, c'était un grand classique de l'an dernier. Chany m'attrape la main, Chana m'agrippe le pantalon et chasse les enfants qui s'agglutinent autour de moi.
Rien n'a donc véritablement changé, ou si peu...
Je salue le directeur, sourires convenus, ne rompons pas les liens tenus qui se tissent, et comme le dit Jean Luc le mari d'Aline, sachons peu à peu grignoter sur son propre terrain...
Narong, Mida et Dima sont très fiers de m'expliquer qu'ils ont eu leur BAC ( enfin l'équivalent ici) et que dès octobre ils iront à l'université. Mais voilà ils font partie d'un orphelinat d'état et dépendant donc d'un district où tous les choix ne leur sont pas autorisés. Il ne reste autrement que l'école privée hors de prix, alors ils feront au mieux, choisissant par défaut plutôt que par vraie envie.
J'ai très vite été accaparée par le dernier venu à l'orphelinat, bébé Chang, petit bonhomme de 11 mois, que j'ai trouvé dans son lit, brulant de fièvre, le ventre gonflé et douloureux. Une cicatrice au ventre, une explication très brève de son arrivée à l'orphelinat il y a un mois, après une hospitalisation pour une intervention chirurgicale dont personne ici ne semble connaitre la nature .
La nounou chargée de ses soins me l'a très vite confié, ici on ne va pas à l'hôpital comme ça, on n'appelle pas non plus le médecin, alors il faut faire au mieux, au plus juste.
Linge frais aux plis de l'aine, sur le front, un doliprane donné à la petite cuillère, de l'eau proposé régulièrement, un peu mieux en fin de matinée, un moment de répit où j'ai montré aux enfants que oui on pouvait assoir Chang et lui proposer des jeux, des livres, que oui il pouvait ne pas être toujours soit dans son lit soit dans les bras...
Très vite la fièvre est remontée, et j'ai donné les consignes d'usage, la nounou a ramené ce matin très tôt Chang à l'hopital, sans autres explications en revenant que 3 flacons de médicaments dans des bouteilles sans étiquettes, prévus pour 2 jours, antibio ? antipyrétique? Chang n'allait pasvraiment mieux aujourd'hui mais l'hopital a demandé d'attendre 2 jours avant de le ramener. Je l'ai donc bercé toute la journée, serviette fraiche à la main. Que le Dieu de la PMI me pardonne, je me suis sentie bien démunie...
Bienvenue à toi, petit Chang, bienvenue au Cambodge

PS :Chang a ( peut être ) 11 mois, il tient à peine assis, ne pleure jamais, ne boit que du lait et une bouillie de riz, il ne porte pas de couches, ( je ne vous détaille pas l'état de mes vêtements en rentrant ce soir...), mais Chang veut apprendre, cherche à attraper les objets ( je suis allée acheter d'urgence ce matin une natte pour l'installer et quelques hochets) tente de se redresser quand on l'installe sur le ventre...

Je pense à vous les copines du CMS !!!



( Dima, la bachelière)

(Chang, entre 38° et 39°)


( la star de Kien Kleang)


( la porte de la chambre de Chang)

(la chambre de Chang où il dort avec sa nounou)



( le lit de Chang, pas de couches, pas de matelas)




(il y a au moins quelque chose de changé à l'orphelinat, une nouvelle cuisine! avec Narong au fourneau)

(Mida le bachelier, devant sa soupe de nouilles, j'ai gouté, c'est pas bon ...)




(Narong le bachelier et Chang)

Ps: d'autres photos demain, un peu bousculée ces 2 jours et pas toujours le réflexe photo...

Ps encore: une pensée pour tous les écoliers, collégiens, lycées et étudiants qui ont fait ou vont faire leur rentrée aujourd'hui, demain ou plus tard et un énnnnooorrrrmmme bisou spécial à l'écolier de St Marcellin.

mercredi 1 septembre 2010

Foir'fouille

Au revoir la Thaïlande, je continue la route pour le Cambodge où je suis arrivée mardi après midi.
La bulle thaïlandaise n'a pas encore éclaté alors de bric et de broc, en vrac, des petits riens,comme dans une foir'fouille, le reste...

Marie:
  • une odeur: l'humidité végétale de la forêt tropicale
  • une saveur: le Tom Yam, bien sur, entre citronnelle, gingembre, curry, coriandre, coco, qui est pour l'Asie ce que notre potée est pour la France, autant de régions, autant de recettes. Et Berbine ne me contredira pas...
  • un son: le silence feutré et apaisant des Wats
  • un regard: celui de mes enfants, étonné, amusé, agacé, fatigué, rieur, heureux
  • un moment fort: la ballade autour de Soppong
  • un moment difficile: quand Youri a été malade dans le train de nuit pour Bangkok
  • un regret: pas avoir eu encore plus de temps
  • un endroit ou je ne retournerais pas: dans le train de nuit pour Bangkok (si Youri est malade!)
  • un endroit ou je retournerai :celui où je n'ai pas pu aller, le nord est
  • la photo que je n'ai pas pu faire: celle de tous les sourires rencontrés en route
Et puis il y a :
(Kamphang Phet) cette petite dame qui sans qu'on lui demande rien, a mis les mains dans le cambouis pour réparer la chaine coincée du vélo déraillé et qui pendant 30 mn a tiré, sué, hanané, avant de décoincer cette putain de merde de chaine.
(Mae Sot) cette jeune femme a qui on demande notre chemin pour rentrer à la GH et qu'on aperçoit ensuite discrètement nous suivre pour veiller à ce qu'on ne se soit pas trompé.
(KamphangPhet) les salades de fruits du jardin du propriétaire de la GH déposé en cadeau devant notre petit déjeuner.
(Kho Phanang) le jeune serveur qui arrive un matin portant mon pantacourt que j'avais oublié de rentrer le soir, et qui s'en se départir de son sourire après en avoir rigolé avec tous ses copains me le ramène tranquillement.
(Bangkok) l'incroyable galère pour trouver un tuck tuck qui 1) sache ou on va, 2) ne nous arrête pas en route à une boutique de leur choix 3) ne vous prenne pas une somme multipliée par 4 sur le prix normal 4) accepte tout simplement de vous prendre en charge;
(Bangkok) où les petites filles ont leur lit posé sur le trottoir et où les enfants jouent au milieu de la route installés sur une plaque d'égout.
Mille petites tranches de vie au quotidien qui font le sel et le poivre d'un voyage, l'assaisonnement qui le rend unique et magique et sans lequel il ne serait juste qu'un beau voyage.
L'aventure a recommencé dès ce matin avec mon arrivée à l'orphelinat...
à suivre...