samedi 22 septembre 2012

Play again

Ceci est un jeu où il n'y a strictement rien à gagner, pas de voyage sous les cocotiers ni de set à manucure, pas de télévision écran plasma  ni de pizzas gratuites pendant un an chez Toto Pizza, pas de voitures à petites roulettes ni de bains de boue compris sauna et jacuzzi. 
Rien, nada, nichts, niente, τίποτα, ingenting, ไม่มีอะไร, pum âvèy sauh. Juste le plaisir pour vous, et la stimulation pour nous, Rebecca, Audrik et moi ! 
La catégorie aujourd'hui est "portrait d'enfants". 
Vous avez juste à voter pour la photo 1,la photo 2 ou la photo 3...

                         Photo 1
Photo 2

                                                       Photo 3
                                                                                 













A vos marques, prêts, partez ! 

vendredi 21 septembre 2012

A pleines dents

Personne ne s'en était vraiment soucié jusqu'à présent, l'urgence était de traiter les enfants, ce que nous avons commencé il y a deux ans et que nous poursuivons chaque année, progressivement.
L'association des dentistes contactée ne soigne gratuitement que les enfants des orphelinats. Et depuis des années, nounou Srey et Gneup n'avaient pas pu consulter un dentiste, car bien évidemment il faut payer. 
Alors nous avons été chez une dentiste privée, une jeune femme chez qui j'avais, l'an dernier, accompagné Srey Phal pour passer une radio dentaire en urgence. 
Elle m'avait expliqué qu'elle avait pu faire ses études de dentiste grâce à une association française "Aspeca" présente dans tous l'Asie du Sud Est. Elle avait eu une marraine française qui l'avait suivie tout au long de sa scolarité et, même si elle regrettait de ne jamais l'avoir rencontré, elle avait infiniment de reconnaissance pour elle.
C'est donc dans son cabinet que j'ai amené nos nounous. 
Deux consultations, deux dents arrachées, deux abcès, un traitement antibiotique, des pansements, des plombages, il était plus que temps. 

Sous le regard bienveillant de Bouddha, on se déchausse avant d'entrer dans le cabinet ! 
               

Le sourire de nos nounous le valait bien ! 

Ps: A partir de demain, (ou peut être après demain! j'ai remarqué que les journées sont de plus en plus courtes) commence un nouveau jeu. Plus de détails en temps utiles !

jeudi 20 septembre 2012

Un, deux, trois, soleil !


Etre né quelque part

Ici ou là, ailleurs ou là bas,
Au Cambodge, 43 enfants pour mille meurent avant l'âge d'1 an, ils sont 3,8 pour mille en France, 51 enfants pour mille avant l'âge de 5 ans, ils sont 4 pour mille en France.
Ils meurent d'infections pulmonaires ou de diarrhées, juste parce qu'ils sont nés ici et pas là bas.
Les femmes sont 250 pour 100 000 à mourir au cours de leur grossesse ou de leur accouchement, elles sont 8 pour 100 000 en France, simplement pour être nées là et pas ailleurs.
Et pourtant, la couverture vaccinale de base n'est pas si mauvaise, similaire à celle de la France, aux alentours de 92%. 
La promiscuité, les mauvaises conditions d'hygiène (31% de la population ont de "vraies" toilettes), les carences alimentaires, le coût des soins et leur difficulté d'accès, la rareté ou l'absence de personnel médical formé (peu de médecins spécialistes, peu d'imagerie de diagnostic), la prolifération de cliniques privées (comme l'est dans le domaine de l'éducation l'explosion des écoles privées) ne permettent pas à ce pays de sortir la tête de l'eau. En tout cas pas encore...
Loin de ces chiffres, une histoire...
Il était une fois ma soeur de coeur, nounou Srey, je ne vous la présente plus (Si ? Ha bon ? Un rappel? Allez voir ici http://blogdemarieo.blogspot.fr/2010/09/on-ne-marche-jamais-en-vain_16.html
ou là 
http://blogdemarieo.blogspot.fr/2011/09/phaoun-srey-bong-srey.html
En juin dernier, nounou Srey est réveillée en pleine nuit saisie d'une violente douleur dans le ventre, elle s'affole, pense simplement qu'elle va mourir, et laisser là et pas ailleurs sa fille Srey Keo.
Elle va voir un médecin à l'hôpital attribué par le gouvernement, une consultation et une échographie plus tard, le diagnostic est sans appel : il faut enlever le rein ! 
Nounou Srey a peur, très peur, quel est ce mal si terrible qu'il faille lui enlever un rein ? 
Alors elle appelle à l'aide, et la toile autour d'elle se tisse et s'active, nouvel avis de médecins français, appel aux dons, les amis, l'association Elephant Blanc puis l'association Caritas tendent le filet. 
Nouvelle consultation, nouvelle échographie, oui on peut soulager une banale mais tellement douloureuse colique néphrétique autrement qu'en mutilant un rein qui fonctionne...son calcul s'en est allé après une intervention au laser
Et maintenant ?
Reste un problème de calcul vésiculaire, je l'ai accompagné à une consultation dans LA clinique des expatriés, celle des "foreigners " et des riches cambodgiens, un jeune médecin kmer ayant étudié en France (la référence ici et pas forcément ailleurs !) a estimé urgent d'attendre, se laisser le temps, un nouvel examen dans quelques mois et ...
Quand aurait -il été autrement, ici, ailleurs ?

http://www.youtube.com/watch?v=cFUc34s0Wl8


mercredi 19 septembre 2012

Mise en bouche


Vous n’aurez que l’eau à la bouche, juste de quoi vous faire couler un petit filet de salive envieux et impatient  au coin de  vos lèvres.
Je vous l'ai toujours dit, franchi les portes de l'Asie, nous ne sommes pas vraiment sur la même planète. Mais ce que je vous ai caché jusqu’alors c'est qu'ici les  journées n’ont pas le même nombre d'heures, y'en a moins ! Vous ouvrez un œil le matin et déjà vous voila en train de vous affaler sur votre lit en vous demandant comment tout ce temps est passé si vite.

Alors pour vous mettre en appétit:



Une escale à Ho Chi Minh ville où on se demande si les 8 millions d’habitants vont y survivre


















Une nounou émue qui m’attend de pied ferme (bon d’accord moi aussi j’étais très émue) photo censurée !

Des retrouvailles avec un tas d’enfants,  et un neveu qui se découvre un talent de grand comédien
 et de grand pédagogue !

La traditionnelle bénédiction à la pagode

Les constructions qui n’en finissent pas, le nouveau pont japonais avance petit à petit, petit à petit, petit à petit...

et les tours à la Bangkok ont du mal à quitter leur voile de mariée.




 Le chemin de l’orphelinat s’est assagie, plus grand, plus large, plus confortable, 













  
 L'orphelinat a fait un lifting, un peu plus de béton mais beaucoup moins de boue et de bobos

Les petites filles y construisent toujours les plus belles maisons de poupées du monde ! 


pour les Barbies qui les font toujours autant rêver (que toutes les saintes patronnes féministes me pardonnent!) 

Et le palais royal est devenu pour un temps le paradis des fées dansantes ! 



 Un autre jour le plat de résistance ! 

jeudi 13 septembre 2012

Retour en terre connue





Depuis une semaine, la valise est ouverte  au milieu du salon et au hasard des allers retours devant la penderie, j’y jette quelques vêtements épars. Je pourrais aussi bien n’emporter qu’un sac à main, si ce n’était les cadeaux que je suis chargée de remettre aux enfants, puisque j’y retourne ou plutôt  je reviens. Non pas "chez moi", je ne perds jamais de vue que je ne suis qu'une invitée, mais comme on va chez sa meilleure amie, chez sa sœur, chez ses enfants, dans ces lieux où l’on se sent accueillie même si on y passe inopinément. Là où on se pose un moment, pieds nus, à s'offrir un café, à rêver à sa vie, à refaire le monde et à médire sur la voisine. Non, pas "chez soi" mais "comme chez soi"...  

Là bas, des choses ont changé, Sopheak est en devenir d’être un très grand musicien, notre Souricette est rentrée à  Kho Kong, l’orphelinat s’est fait un lifting,  nos jeunes se sont éclatés chez les Tiny Toons, il y a eu des bacheliers et d'autres qui n'en sont pas, et "my sister" nounou Srey n'a rien perdu de son intégrité.  

Mais il faut être patient, vous n'en saurez pas plus avant la semaine prochaine ! 


A la demande de quelquezunszunes voici la-plus-moche-valise-du-monde appelée ainsi affectueusement, mais promis demain elle sera bouclée ! 

samedi 12 mai 2012

La mémoire blessée


 "A voix nue" c'est le titre d'une série d'émission programmée sur France Culture du lundi 14 mai au vendredi 18 mai à 20h. Trente minutes qui donnent la parole à Rithy Panh, grand cinéaste cambodgien.
Né en 1964 à Phnom Penh, Rithy Panh n'a que 11 ans lorsque les khmers rouges plongent le Cambodge dans l'horreur.  Son père, instituteur puis inspecteur d'école primaire et toute sa famille vont  être envoyé dans les camps de travail des khmers rouges, véritables machines à écraser, humilier, torturer, affamer le peuple khmer. Rithy Panh va perdre ses parents et une partie de sa famille. Rescapé, il rejoint les camps de réfugiés en Thailande en 1979 puis arrive en France l'année d'après. Il est alors sidéré et va, pendant un temps, tenter d'effacer le cauchemar qu'il a vécu, jusqu'à oublier sa langue maternelle. En vain. Il décide alors de se consacrer à un travail de mémoire, et se dédie au cinéma. Plantant des études de menuiserie il entre à l'institut des hautes études cinématographiques. Avec une série de documentaires et de films  ("Les gens de la rizière", "Un soir après la guerre", "La terre des âmes errantes", "S21 la machine de mort khmère rouge", "Un barrage contre le Pacifique", " Dutch le maître des forges de l'enfer", pour quelques uns d'entre eux) il veut témoigner, comprendre, donnant la parole aux victimes mais aussi aux bourreaux.
Lundi, branchez vous sur France Culture . Ecoutez Rithy Panh. Il se raconte. Ses années de terreur, ses rencontres, ses questions, ses souvenirs. Il évoque la dignité de son père qui, ultime geste de résistance, s'exprimera en français, à l'heure où le simple fait de porter des lunettes ou  parler une langue étrangère était synonyme de condamnation à mort. Il parle de sa mère et de l'immense respect pour elle dont les dernières paroles furent : 
"Lève-toi et marche". 
Entendez la voix nue de Rithy Panh et sa mémoire blessée.