vendredi 11 août 2017

Live in Phnom Penh

Phnom Penh bouge... Phnom Penh s'enhardit,




se façonne,
Destruction du White Building  immeuble emblématique de Phnom Penh construit dans les années 1960. Il est actuellement totalement vidé.



s'assagit, 
Des feux rouges ont fait leur apparition, pas vraiment respectés, mais la peur de la police fait ralentir les conducteurs aux croisements, facilitant la traversée des grandes artères. 

Mais Phnom Penh ne se défait pas de ses phnom-penhois !










































Et en bonus :
https://www.youtube.com/watch?v=Ry4IiJjz798

lundi 7 août 2017

Du coté des filles

Au fond de l'impasse, à deux pas de l'orphelinat, partageant une chambre à deux ou trois, elles sont quelques unes  à s'être installées dans ces logements où cohabitent familles, étudiants, jeunes travailleurs. 
                                                
De longues coursives, 

des escaliers étroits,

de la musique, des appels, le linge qui sèche (et qui tombe parfois), des enfants curieux
                                             
des motos entassées le long du passage
                                 
...comme les vibrations d'un roman à la Ferrante quelques milliers de kilomètres plus loin et quelques dizaines d'années plus tard.

Certaines sont étudiantes, langues étrangères, comptabilité, hôtellerie,  d'autres ont déjà un travail, interprète japonais dans un hôpital international, technicienne en laboratoire à l'institut Pasteur, serveuse dans un chaîne de café, professeure de yoga. L'une est bientôt mère et elles ne cessent pas de s'en émerveiller.
Improvisant un repas autour d'un four à bois, elles s'y retrouvent lorsque les jours deviennent trop vides de ces regards échangés, de ces touts et ces riens qui ont cousu ensemble le tissu de leur vie d'avant, à l'orphelinat de Kien Kleang. De ce temps, où au delà des difficultés quotidiennes, elles ont puisé leur belle énergie et une sacrée détermination. 










mercredi 2 août 2017

Là, était

                       
 Là, était l'orphelinat de Kien Kleang


130 enfants y vivaient. Il n'y avait déjà  plus de nourrissons lorsque j'y suis arrivée la première fois, les plus jeunes, deux frères, avaient alors 4 et 6 ans. L'adoption était fermée aux occidentaux, à force d'abus et de corruption, (si vous n'avez jamais vu le très beau film de Bertrand Tavernier "Holly Lola", je vous le conseille vivement). Une seule année, bébé Chan a partagé quelques mois la vie des jeunes, avant qu'il ne s'envole vers l'Italie, le Cambodge autorisant de nouveau certains pays à adopter les enfants khmers. 
Depuis 2014, je n'étais pas retournée dans l'enceinte de l'orphelinat, après bien des péripéties (que vous pouvez retrouvez dans le blog sous le libellé "Cambodge Kien Kleang"). Nous avions su fin 2015 que le site avait été racheté par des chinois, (comme du reste une grosse partie de la presqu'île de Chhroy Changvar). Le déménagement de l'orphelinat était prévu pour début 2016. 
Aujourd'hui, 30 jeunes vivent encore dans ce lieu, désolé, sacrifié. Un sous directeur présent quelques heures par jour, une cuisine fermée, des sanitaires insalubres, des locaux totalement abandonnés. L'administration se contente de donner quelques riels par jour à chacun pour leur repas. 
L'orphelinat n'est plus qu'un sinistre squatt.


















Il n'y a plus de très jeunes, pourtant certains sont encore mineurs. Quelques uns poursuivent malgré tout leur scolarité, IUT d'électricité, infirmière, école de danse traditionnelle des Apsaras,  prouvant une réelle motivation. D'autres bricolent, travaillent, ou, désœuvrés, traînent leurs rêves comme une bouée de sauvetage.
Sovanna y habite toujours avec sa fille, elle doit même aller pointer dans un bureau déserté, deux fois par jour. 



J'ai parcouru ce lieu le cœur en vrille, et puis j'ai pensé à "mes" jeunes, aidés par l'association et les parrainages, habités d'une rage de réussir et de comprendre ce monde.
Nelson Mendela disait :

"L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde". 

Je veux le croire.

lundi 31 juillet 2017

La-petite-fille-sans-nom

Elle est arrivée début octobre 2010 à l'orphelinat de Sfoda (*), à quelques centaines de mètres de celui Kien Kleang. Je m'étais précipitée pour voir ce p'tit bout de nana déposée quelques heures seulement après sa venue au monde, là, nue et étrangement apaisée. 
Emmy à son arrivée
J'allais régulièrement veiller sur elle avec mon oeil d' l'infirmière PMI du moment.
Elle n'avait pas été nommée. On l'appelait "la-petite-fille-sans-nom". J'ai appris qu'elle s'appelait Emmy, quelques jours avant mon retour en France. Et cette année là,  Emma, jeune médecin de France, avait fait un bout de chemin avec moi à Kien Kleang. Nous nous étions dit que, quand même, à une voyelle près...

Emmy à 3 semaines
J'ai revu Emmy, qui grandit depuis 7 ans à Sfoda, petite fille joyeuse et rayonnante.
Il y a des jours où finalement la vie va pas si mal.





http://blogdemarieo.blogspot.com/2010/10/breves-de-bebes.html

dimanche 30 juillet 2017

Kho Kong intermède

Kho Kong c'est une province à l'ouest du Cambodge, frontière de la Thailande. Bordée par la mer et retenue par les montagnes des Cardamones, c'est un passage pour les touristes venus au Cambodge par la cote. Mais Kho Kong c'est aussi un petit port paisible, où le vélo n'a pas disparu du paysage, où la traversée d'une route n'oblige pas encore à slalomer imprudemment entre voitures, tucks tucks, motos et camions. Depuis mon passage en 2011, les dragueurs de sable ont disparu redonnant à l'horizon sa respiration. 



La rue principale de Kho Kong




Avis aux parents inquiets et aux copines de la PMI, ceci est le toboggan (utilisé bien sur) par les enfants de l'école élémentaire





ça pourrait devenir une jolie petite plage si ce n'était le dépotoir...
A Kho Kong l'association (*) supporte un orphelinat géré par le gouvernement. Nous y fournissons nourriture, produits d'hygiène et salarions la nounou qui veille aux 12 jeunes actuellement sur place. En réalité très peu d'entres eux sont réellement orphelins. Issus de famille trop pauvres, ces jeunes espèrent un meilleur futur en intégrant une structure qui leur donne à manger, un lit et leur permet une scolarisation. La politique du gouvernement tend à renvoyer les enfants dans leur famille (au sens large de la notion de famille cambodgienne, tante, grand-mère, cousine etc...). Nous devons donc réfléchir à accompagner cette démarche et proposer des solutions à ceux qui n'ont aucun parent pour les recevoir. Notre prochaine mission s'avère donc un vrai défi à relever.
L'orphelinat de Kho Kong
Vanthet tente de donner un cours de crochet à Srey Pich  

Chan et Chanta aussi tricheuses l'une que l'autre




Chanta devant les beignets du gouter

Le filet va du coté du vent

Chanta et Paney 
Paney le dernier arrivé

Jeux de société

(*)vous pouvez retrouver les articles sur mon blog sous le libellé 'Kho Kong'