samedi 25 septembre 2010

Même pô mal !

Nous avons rencontré Déborah un soir à la Regga Guest House, elle venait d'arriver de Lille, avec 3 autres étudiants dentistes pour un stage à la faculté dentaire de Phnom Penh. Des dentistes ? quelle aubaine pour nos jeunes qui ne connaissent des soins dentaires que l'arrachage pur et simple des dents trop pourries pour être soignées. Ce matin, Déborah s'est installée dans le local infirmerie de l'orphelinat d'à coté, géré par l'association CED, (Cambodge Enfance Développement), et nos jeunes ont pu se faire examiner pour un premier bilan. Pas vraiment glorieux le bilan! Venue seule pour la journée, les autres étudiants s'étant dégonflés, elle a examiné une quarantaine de nos enfants, en plus des 30 de CED. Dents carriées, et même carrément pourries, implantation anarchique des dents, voir pour une des filles, un abcès infecté, nécessitant un traitement antibiotique avant extraction . Traitement que nous avons commencé le soir même. Tous nos jeunes devraient être suivis pour des soins, trois des enfants vus doivent être soignés le plus rapidement possible. Déborah demandait sans cesse "tu as mal" et s'étonnait toujours de leur "no, no" devant leurs dents noires et leurs gencives gonflées. Peu se plaignent, (d'ailleurs à qui se plaindraient-ils?) et c'est bien souvent alors trop tard.
Dès lundi, je dois prendre contact avec une association "Poids plume d'Asie", qui ouvre des dispensaires offrant des soins dentaires pour les enfants démunis. L'association aide aussi à la formation de jeunes dans les métiers dentaires. Victoire, bénévole de long mois à Kien Kleang avait déjà emmené un groupe dans ce dispensaire, mais il y a tellement de retard accumulé dans la prévention et les suivis...
à suivre...


Chacun attend son tour
Les plus jeunes d'abord
Puis les plus grands








Le seul qui s'en tire bien, c'est ....Bébé Chang ! Pas une seule carrie !

un grand merci à Déborah pour son calme, sa patience et sa disponibilité.

4 commentaires:

  1. Coucou Marie !

    Belle leçon de courage que nous filent les petit ! Nous qui avons la chance d'avoir le luxe d'avoir peur du dentiste de quartier !

    Bises, @ ++ !

    Laurent

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  2. Ce n'est pas que je "vois ça de ma fenêtre" mais lavage des mains avant de manger et des dents au moins après le dernier repas, c'est p't-être pas mal comme programme éducatif d'hygiène préventive... Evidemment, s'il n'y a ni savon ni brosse à dents, c'est mission impossible.
    Et c'est forcément rageant quand on est sur le terrain de voir que même les actions élémentaires sont compliquées à mettre en oeuvre, faute de moyens. C'est aux réalités que tu décris que l'on jauge l'écart énorme qu'il y a entre nos modes de vie.

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  3. Bien sur que la prévention de base est une priorité, et tous les bénévoles s'y emploient, lavage des mains (et des pieds!), brossage des dents au moins une fois le soir, en espèrer plus serait utopique. Ce qui est fait durant ce temps là est toujours ça de gagné. C'est un vrai défi à long terme.
    Les conditions sont difficiles, effectivement il manque toujours de brosses à dents, dentifrices, savon. A Kien Kleang, le batiment des douches (quand je dis douche, je parle d'une réserve d'eau avec un récipient en plastique pour se rincer) est au fond de la cour sans éclairage et les enfants ont tous peur de la nuit. Il y a en plus à l'orphelinat une rumeur sur d'éventuels fantomes qui roderaient dans le noir. Les bonnes soeurs sont venues récupérer les ossements de leurs copines enterrés dans le cimetière du jardin de nounou Srey et ont laissé les tombes éventrées, refermées depuis mais pas assez vite pour que les fantomes n'aient pas eu le temps de se sauver!Et au Cambodge, la nuit tombe à 18H...
    En fait ils sont un peu comme les enfants français à qui tous les soirs il faut répéter "va te laver les mains, va te laver les dents..." sauf qu'ici il n'y a personne pour leur répéter tous les soirs.
    Mais surtout c'est travail d'éducation à long terme, répétitif, en direction des adultes et des jeunes. Un des gros problèmes aussi c'est le manque flagrant des structures de soins gratuites car tous les services de santé ici sont payants et très peu peuvent payer. Il y a bien d'autres priorités et d'abord celle d'acheter du riz, alors quand on a mal aux dents on attend que ça passe.
    Beaucoup d'associations se démènent, mais ce n'est encore pas assez.
    Les carences en alimentation équilibrée, la consommation de petites sucreries à gogo (dès que les enfants ont quelques riels en poche ils courrent s'acheter des poignées de bonbons, et comment leur interdire ces seules douceurs!)et l'absence de brossage des dents ou bien le brossage avec une brosse à dents éclatée, et pas plus de 30 secondes promettent du boulot pour des générations de dentistes.
    Bizarrement les ados s'en sortent plutôt bien avec leurs dents, très attentifs à leurs "look", ils prennent autant soin de leurs dents que leur permettent les conditions matérielles.C'est parfois malheureusement trop tard.

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  4. Oui, je dis merci aussi a notre jeune dentiste pour nos filleuls et autres orphelins de Kien Kleang.

    Aline Fitte
    Presidente de l'association l'Elephant Blanc

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