jeudi 28 octobre 2010

Acclimatation

Je me couche comme les poules et me réveille au chant du coq.
Je me déplace en motodop, même pour faire 100 mètres.
Je trouve normal de rouler à contre sens sur une des grandes avenues de Phnom Pehn, ça évite de faire un détour. Et de doubler par la droite, y'a toujours assez de place.
Je suis partageuse et n'hésite pas à monter à plusieurs sur le motodop. Mon record étant de quatre. Ce qui est minable à coté de ce que j'ai pu voir, six et même sept !
Je peux revenir du marché avec pleins de paquets coincés entre le conducteur et moi. Je n'ai pas encore tenté le frigo ou le cochon!
Je ne trouve pas bizarre de croiser des cambodgiens avec leur perfusion dans les rues, sur le marché ou sur leur moto.
Si j'ai faim à 4 heures de l'après midi je sais que je trouverais toujours une soupe de riz prête à la gargotte du coin.
Je ne me pose pas la question de savoir si c'est dimanche ou férié pour aller faire mes courses.
Je peux aller chez le coiffeur avec ma couleur achetée au supermarché. J'aurais la pose du produit, avec en prime le shampoing- massage, et la coupe pour le prix d'un kilo de tomates à Intermarché (en été évidemment!)
A la guest house, je peux acheter un billet de train, de bus, d'avion, faire renouveller mon visa, faire du change de monnaie, me faire conduire ou je veux dans la ville, manger, dormir, faire laver mon linge, regarder questions pour un champion, commander 50 sandwiches pour le lendemain matin.
A la pharmacie je peux acheter des chips et des canettes de coca, des snikers, des cartes postales, des produits Avène en français, et accessoirement tous les médicaments à vignette rouge.
Je paie en riels ou en dollars, et j'accepte la monnaie en riels ou en dollars, avec un taux de change à la louche.
Je peux photographier presque tout avec le sourire.
Je me déchausse avant de rentrer dans une pagode, dans une boutique, chez quelqu'un, dans un musée,
J'estime que sortir en joli pyjama avec mickey ou bisounours en impression flashy est seyant, d'ailleurs je vais lancer la mode dès mon retour à Valence. Toute manière si vous faites au dessus d'un petit 36 vous ne pouvez pas espérer acheter autre chose.
J'aime bien le durian et non ça ne sent pas le vieux reblochon passé. J'ai dégusté un délicieux milk shak au durian et j'en ai même redemandé, merci Jean Luc.
Je considère que manger dans des assiettes plastiques un repas servi dans un plat en plastique n'a rien de dégradant.
Au restaurant je peux apporter mon dessert et ma boisson sans encourir les foudres de la patronne, et je peux rapporter les restes en demandant un sac plastique.
Je sais que le serveur qui dort sur sa chaise ne va pas être licencié pour faute grave si je dois le secouer un peu pour prendre ma commande.
D'ailleurs je n'ai pas non plus de remord à réveiller le motodriver ou le vendeur de fruits qui roupille.
Je ne plaisante jamais au sujet des fantomes que tout cambodgien a vu une fois dans sa vie, car comme disait Coluche on peut rire de tout mais pas avec tout le monde. Et sur ce sujet on ne rigole pas ici.
Je ne ne pense pas que de sourire dans la rue en disant bonjour est signe d'ivresse ou de stupidité.
Je n'ai pas remis un jean, ni une paire de chaussettes depuis 3 mois.

Certains signes ne trompent pas...

2 commentaires:

  1. Certains signes ne trompent pas,
    Signes cliniques à n’en pas douter. Je pense que tu as attrapé un virus.
    Voilà ce que c’est quand on ne se protège pas suffisamment !
    On se croit blindé et on attrape le virus.
    Le virus de l’émerveillement, de la découverte, du dépaysement, des émotions, des rencontres, de l’étonnement, des nouveaux horizons, du voyage… Une fois attrapé, il reste tapi au fond de nos souvenirs et régulièrement ressurgit pour nous ré-inciter à re-partir, vers le même endroit ou vers d’autres contrées. On croit avoir tout vu, alors que chaque regard te fait faire de nouvelles découvertes.
    Une vie ne suffira pas pour tout découvrir. Mais ce n’est pas grave, car il ne s’agit pas de compétition, juste d’apprécier à un moment donné, dans un endroit donné les saveurs d’un voyage qui est aussi un voyage intérieur…
    Si un jour après ton retour, tu as le blues, relit les articles de ton blog... tu trouveras forcément une photo, une phrase qui te remettront sur les rails... Bon retour,

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  2. Merci Marie Odile de cette passion, cet amour pour mon pays, pour nos filleuls...tu es UNIQUE !
    Nous t'aimons !
    Meme dans la dure epreuve que je viens de traverser, je ne cesse de penser a toi, aux enfants car j'ai quitte precipitamment PP en emportant juste ce qu'il faut, failli oublie mon manteau pour rejoindre la France...
    Oui, je ne suis pas contente de moi car j'ai voulu termine certaines choses avant de reprendre le chemin de retour sur Paris mais helas, comme tu sais....Mais, l'evolution de Jean Luc s'ameliore de jour en jour....j'espere qu'il n'y a pas trop de reeducation....et Si c'est ainsi, on sera de retour a PP en fevrier prochain...PROMIS !
    Gros, gros bisous
    Aline

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