samedi 9 octobre 2010

Koh Dach

C'était une promesse de l'an dernier, aller à Koh Dach, l'île de la Soie, rien que nous deux, nounou Srey et moi. Elle m'a toujours dit être originaire de cette petite île au milieu du Mékong, à une dizaine de kilomètres au nord de Phnom Penh. En réalité, je découvre qu'elle est née à Phnom Penh. Koh Dach est le village de sa mère, et ici c'est ça qui compte. Enfant, elle y passait de longues journées, un peu comme une maison de famille, son lien de coeur, ses pieds sur terre.
Dès 6 heures ce matin nous sommes partis avec le voisin, en motodop, une route longue et droite, qui mène à Kompong Cham, un long chemin en terre pour l'embarcadère, celui des cambodgiens, et le bac pour traverser le Mékong. Déjà toute une aventure...




L'île est le royaume des tisseurs de soie, mais le lendemain de Pchum Ben, c'est quand même encore un peu la fête, et je n'ai pas réussi à voir un seul maitre à l'ouvrage...
Nous avons sillonné les chemins, cahotant sur le motodop, un vrai bonheur de retrouver après un mois à Phnom Penh, un espace préservé loin de l'agitation de la capitale.




Nous nous sommes arrêtés chez les parents, amis, voisins, assis un moment.

Et chacun de nous apporter les fameux "onsam chék", ces gateaux fait de riz gluant fourrés de banane et cuit sur les braises dans une feuille de bananier, traditionnellement servis pour Pchum Ben. "Ché très bon mais ché un peu bourratif".

Premier "onsam chék":
L'ancien professeur de nounou Srey et sa femme. Infirmier reconverti en enseignant de français et d'anglais. A 65 ans, malade il touche une petite pension comme ancien fonctionnaire, et n'a rien perdu de son français. Il me disait son regret, aurait voulu être médecin, mais les kmers rouges ont eu raison de ses projets. Après, c'était trop tard, le pays en miettes avait plus besoin d'enseignants que d'infirmiers, alors il est devenu professeur.

Deuxième "onsam chék":
Une ancienne voisine, une des rares personnes a avoir connu la mère de nounou Srey, et à pouvoir encore lui en parler.


Troisème "onsam chék" oups une petite moitié me suffira orkoun!:
une cousine (dans le sens très élargie de la famille cambodgienne), ou une ancienne voisine, à moins que ça ne soit une amie, je m'y perds un peu...


Quatrième "onsam chék", ha là ça va plus être possible j'ai comme une banane sur l'estomac:
Une ancien voisine, une cousine peut être, ou une amie? J'ai renoncé...

Cinquième "onsam chék" , j'ai rendu les armes, refusant avec un grand sourire, c'est pas grave je repars avec mon doggy bag...:
une amie, un parent, une ancienne voisine ?

Nous avons flané, discuté, en anglais, en français, apprécié la quiétude du village, regardant les joueurs de cartes, de billard, d'échecs, partageant les moments d'intimité avec les familles. Le temps suspendu, comme un souffle apaisant.


Bill et Jo, ça ne s'invente pas ! Charmeurs et malins, ils ont réussi de leur motobike à me vanter la qualité de leurs écharpes ! Il faut ajouter que durant la journée, je n'ai croisé aucun autre occidental, la nouvelle a du faire le tour de l'île forcément...


Monica, ça ne s'invente pas non plus, 10 ans, directe et frondeuse, parlant un anglais meilleur que le mien ( pas de commentaires du genre "ha ben c'est pas difficile!" merci !), qui a réussit à me vendre aussi une écharpe...

Nous sommes rentrés vers 15h, avec un sac plein de "onsam chèk"...

Et le soir, je suis retournée chercher nounou Srey, sa fille Srey Kéo, Gneup et Raksmey pour un repas surprise "crèpes" chez Anne Marie, (Anne Marie tu es vraiment un amour!)
Nounou Srey pour la première fois de sa vie en a bu une bière...


Le 9 octobre 2010 a été vraiment "A GREAT DAY "

Ps: Merci à vous d'y avoir pensé!

4 commentaires:

  1. Mario, ça dt être le décalage haire, j'ai un temps de retard. alors, malgré mon manque de ponctualité, je t'embrasse fort et même si cette date n'est qu'un vague repère,qui signifie si peu de la réalité d'une personne. Je te suis de loin en loin sur ce blog, tu écris trop!!!
    Je ne suis pas en asie, mais mon clavier déconne complet, c'est d'un pénible...je pense à toi, place réservée dans mon coeur.
    Pat

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  2. Bon,
    s'il s'agit de "onsam chék"
    comme tu l'écris, alors oui, ce dessert est réputé pour être très bourratif. Par contre, je ne voudrais pas jouer sur les mots mais s'il s'agit de "ansom chek" dont je t'écris ici la traduction en cambodgien et la recette en anglais, langues que je maîtrise à merveille comme chacun le sait,<<(អន្សមចេក), A cylindrical rice cake wrapped in banana leaves and filled with bananas (sweet). There is also a savoury version filled with pork and mung bean paste called ansom chrook (សន្សមជ្រូក). >>
    alors il faut savoir que ce fameux dessert ansom chek est lui très très digeste. Tu peux compter pouvoir en absorber au moins le double.
    Quant à le manger avec du cochon dedans (ajouté aux bananes, ce qui fait que ce n'est plus tout à fait du ansom chrook), et bien avec un seul rouleau,tu fais à la fois ton plat principal et ton dessert.
    Voilà, ce sont des petits astuces culinaires, à faire passer avec une bonne Angkor.
    D'ailleurs, pour la bière, c'est ce qu'à fait nounou Srey... et c'est très bien.
    Bises

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  3. ALors puisque le sujet semble te passionner...précisons que la traduction entre l'écriture cambodgienne faite de plein et de délié et notre alphabet est assez souple, soit onsam chèk ou ansom chek, suivant qui vous le traduit...Je confirme par contre que ché vraiment très bourratif, le riz gluant est tassé, fourré d'une pate à la banane, et enroulé dans une feuille de bananier. Le ansom chrook est la version fourrée à la viande de porc et de haricots. Mais comme je ne mange pas de viande, j'ai pu éviter...

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  4. Mounette,

    Tu souri en faisant sourire Nounou Srey,
    Tu ri en faisant rire Nounous Srey,
    ce n'est pas du baume du tigre que tu lui as mis sur ces plaies, mais du baume au coeur.
    Je t'aime !

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